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Véhicules de moins de 3 ans : L’Ac2a réagit

L’annonce de Bekhti Belaib, ministre du commerce, du retour  à l’importation des véhicules de moins de 3 ans n’est pas du gout de l’AC2A. L’association des concessionnaires automobiles qui ne fait plus parler d’elle depuis quelques mois, réagit enfin et met en garde le gouvernement contre les risques d’une telle mesure notamment sur le marché du véhicule, l’emploi, l’industrie automobile, l’environnement, la traçabilité des flux financiers. Nous vous livrons intégralement le communiqué de cette association.

VERS LE RETOUR DES VÉHICULES DE MOINS DE 3 ANS ?

Suite  aux déclarations rapportées, notamment par la presse nationale, de Monsieur le Ministre du Commerce au Forum El Moudjahid en date du 19 septembre 2016, l’AC2A, l’Association des Concessionnaires Automobiles et leurs Agents Agrées d’Algérie, par le biais de son Président,
Monsieur Sefiane Hasnaoui, souhaite réagir et apporter un certain nombre d’éléments complémentaires.
L’AC2A, de par la nature même de ses objectifs mais aussi de par sa volonté continue d’être une force de proposition dans l’intérêt de notre pays et de ses citoyens, salue et supporte toute action
venant à renforcer la cadre règlementaire assurant ainsi une démarche professionnelle dans le développement de son secteur d’activité.
Les réformes amorcées du secteur de l’automobile en Algérie, ont permis l’affirmation d’une normalisation technique dans l’intérêt du citoyen mais aussi l’implication industrielle nécessaire à un
développement pérenne de ce secteur fortement créateur d’emplois pour notre économie.
La normalisation de ce marché est une nécessité absolue permettant de garantir aux citoyens l’accès, à prix raisonnable et dans un cadre règlementé, aux véhicules d’occasion. La prise en
charge de ce marché, via un cahier des charges précis et dans un cadre structuré et la seule solution viable permettant d’assurer un environnement saint aux acheteurs et vendeurs concernés.
Cela est par ailleurs la seule garantie de traçabilité totale de l’ensemble des opérations et de bancarisation des flux financiers. Enfin, l’encadrement dans le cadre d’un réseau de distribution
règlementé de la vente et l’après-vente des véhicules d’occasion, est l’unique voie permettant de sécuriser la prise en charge totale du client aussi bien dans le respect des garanties techniques,
mais aussi de lutte contre les tentatives de dérive qui pourraient en découler. Par ailleurs, ceci permettrait de pouvoir, enfin, mettre en place une politique de reprise de véhicules dans le cadre d’achat de véhicules neufs par les citoyens.
Concernant le possible retour des importations de véhicules de moins de 3 ans, au-delà des aspects règlementaires et du cadre légal, il est fondamental de rappeler la nécessité de
préservation de l’intégrité du parc automobile algérien, notamment l’effort de rajeunissement entamé par les pouvoirs publics, qui ont permis une amélioration notable du niveau d’émission de CO2, dans l’intérêt de la santé de nos citoyens, mais aussi l’intégration de nombreux équipements
de sécurité, faisant de l’Algérie un pays leader sur la scène internationale.

L’AC2A se doit également de souligner les risques d’un retour des importations de véhicules d’occasion, si cela est mis en place sans concertation avec les professionnels du secteur et sans cadre réglementaire précis, notamment :
• L’absence de traçabilité technique du véhicule assurant une conformité totale et sans faille avec la normalisation Algérienne.
• L’absence de garantie technique du véhicule et les risques sécuritaires et de santé publique induits.
• L’absence de traçabilité des flux financiers assurant un contrôle des masses monétaires mais aussi une bancarisation évitant ainsi les écueils de l’informel.
• L’absence de collection de taxe au profit de l’état dans l’intérêt des citoyens Algériens et des générations futures.
• Risque sur la préservation de l’emplois. Le secteur de l’automobile organisé et structuré représente plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et plus de cent mille emplois
indirects.
• La fragilisation de l’effort de développement d’une industrie automobile structurante.
• Les dérives attendues en opposition à la politique de quotas, nécessaire dans l’environnement actuel, laissant se développer un marché parallèle incontrôlable.
• L’interrogation sur le contrôle des sources d’approvisionnement et de leurs prix de référence, laissant apparaitre le risque de dérives multiples et nombreuses, en opposition à un secteur structuré et contrôlé assurant son rôle de créateur d’emplois et de richesses au profit de notre pays et de ses citoyens.
L’AC2A rappelle sa disposition totale à apporter aux pouvoirs publics son expertise et son support àtoute volonté de professionnalisation et d’encadrement de son secteur d’activité, dans l’intérêt del’Algérie et des Algériens.
Le Président de l’Ac2A
Sefiane HASNAOUI

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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