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Usine de Production de camions Emin auto/ JAC : Le chantier à l’arrêt

Le projet de l’usine de production de véhicules utilitaires chinois JAC fait épisodiquement l’actualité en raison de l’arrêt de son chantier de réalisation.

La dernière information en date, la semaine écoulée, rapporte l’intervention de l’ambassadeur chinois plaidant sa cause auprès du Premier ministre. En l’absence du wali, en congé, aucun responsable local n’est en mesure de fournir la moindre information.

Néanmoins, une indiscrétion laisse entendre que le dossier a été relancé une nouvelle fois auprès du ministère de l’Industrie et qu’il y aura probablement du nouveau au cours de cette semaine. Qu’en est-il de cet autre étrange cas de blocage, traduisant la tortueuse démarche économique des pouvoirs publics ? La genèse de cette affaire est édifiante sur cette approche à tous les niveaux de responsabilité.

Tout commence il y a trois années, lorsque l’on apprend l’existence de ce projet en souffrance depuis une année en raison de l’indisponibilité du foncier industriel à travers le pays. Il venait de trouver enfin un lieu d’implantation en la zone industrielle de Tamzoura.

Les autorités locales pavoisent alors, la wilaya disposait ainsi d’un premier projet industriel structurant. On se rappelle à l’époque de l’injonction publique de Abdelmalek Sellal aux walis, réunis en grandes pompes à Alger devant les caméras de télés, leur intimant l’ordre de se transformer en «walis économiques».

De sorte, et bien que la zone industrielle de Tamzoura demeurait elle-même à l’état de projet depuis des années (El Watan du 23 novembre 2015) et que son aménagement et sa viabilisation étaient incompréhensiblement reportés à chaque fois qu’ils étaient annoncés, le wali accorde des concessions de terrains à tous les porteurs de projets qui se présentent. Celui d’Emin Auto, une entreprise algéro-turque (70% à capitaux algériens), est l’un des plus alléchants.

Il avait obtenu l’aval du ministère de l’Industrie en juillet 2016, alors qu’en janvier de la même année, un protocole d’accord a été conclu entre Emin Auto et Jianghuai Automobile Co. Ltd (JAC), un constructeur automobile appartenant à l’Etat chinois. Il concerne la réalisation à Aïn Témouchent, dans le cadre du contrat de transfert technologique, d’une chaîne de montage du véhicule utilitaire le plus commercialisé en Algérie.

La cérémonie de signature entre le président d’Emin Auto, Nihat Sahsuvaroglu, et le manager général de JAC Motor est rehaussée par la présence du directeur général de la promotion des investissements au niveau du ministère de l’Industrie et des Mines et de l’ambassadeur de Chine en Algérie.

Après avoir obtenu son arrêté de concession de la part de la wilaya sur 32 ha dans la zone industrielle encore à l’état de no man’s land, Emin Auto reçoit publiquement des mains du wali son permis de construire 43 ha après l’avoir sollicité (El Watan du 11 septembre 2016). Le gros des travaux devait durer sept mois, alors que le premier véhicule devait sortir d’usine au deuxième semestre 2017.

Selon une déclaration que nous a faite Menouar Hacène, le représentant d’Emin Auto, «les objectifs se limitent à 10 000 véhicules par an pour atteindre 100 000 à plein régime avec la perspective d’exportation aux pays du Maghreb et en Egypte, ainsi que les pays subsahariens. Mais encore, le taux d’intégration nationale, qui sera au départ de 30%, devra atteindre 70%, la partie chinoise ne se réservant au final que la fabrication du moteur et de la boîte à vitesses.
C’est vous dire ce qu’il est possible de faire en matière de sous-traitance en Algérie de concert avec le partenaire turc. Enfin, le véhicule JAC qui revient actuellement à 2,5 millions de dinars verra son prix chuter à 1,5 million, car ce qui renchérit les prix ce sont le coût du transport et les taxes à l’importation».
Aujourd’hui, sur les 32 ha, il a été réalisé tous les travaux de terrassement, de clôture, de viabilisation et des sous-bassements avec l’ensemble des plateformes devant accueillir l’installation des équipements de montage et de fabrication de deux chaînes de montage.

De même, les espaces ont été préparés pour les zones de stockage et de réception des pièces, une piste d’essai, un banc de contrôle, un showroom, des zones pour de futures extensions pour le montage ainsi que l’emboutissage et la peinture.

Selon les estimations officielles, le taux d’avancement des travaux de l’usine est de 55%, un taux qui tranche avec celui de la zone industrielle dont les premiers crédits pour son aménagement et sa viabilisation ont été mis en place il y a à peine un trimestre.

D’un montant de 3,5 milliards de dinars, ils concernent l’AEP, le réseau anti-incendie, l’électricité, le gaz et la pose de la fibre optique, le tout livrable dans un délai de 14 mois. Mais, ce ne sont pas ces travaux actuellement en cours qui ont mis à l’arrêt ceux de l’usine Emin Auto.

En effet, le projet n’avait pas obtenu l’agrément du Conseil national de l’investissement, présidé par le Premier ministre. Rien n’aurait dû être entamé sans la délivrance de ce sésame. Ainsi, 300 conteneurs de pièces détachées destinées au montage demeuraient bloqués au niveau du port d’Oran.

Des interventions en faveur du projet ont poussé l’administration des Douanes à autoriser, en mai dernier, l’ouverture par Emin Auto d’un entrepôt sur son site à Tamzoura pour stoker les conteneurs. Cette nouvelle avait laissé croire à une libération imminente du projet. La dernière intervention des autorités de wilaya aura-t-elle quelque succès ?

M. KALI
in EL WATAN
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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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