Actu Nationale

Risque d’implosion de l’AC2A

Des tractations entre les membres infortunés sont en cours pour convoquer une réunion d’urgence et définir les réactions face à cette situation.

Des membres de l’Association des constructeurs et des concessionnaires automobiles (AC2A), dont des fondateurs et des vice-présidents, comptent claquer la porte de cette organisation.
Cette décision, par ailleurs motivée par l’instruction du Premier ministère qui a réduit le champ d’investissement dans l’industrie automobile à 10 opérateurs, à savoir 5 pour le véhicule de tourisme et 5 pour le véhicule utilitaire et le lourd (camion et bus), pourrait être entérinée au courant de la semaine prochaine. Hier, des membres, contactés par nos soins, ont révélé que des tractations sont en cours pour convoquer une réunion d’urgence. Celle-ci devra se tenir hors du cadre de l’AC2A. “Quand une organisation censée défendre les intérêts de ses membres sans exclusive ne réagit pas devant une telle situation, on s’interroge alors sur ce que deviendront les investisseurs qui ont été exclus par le Premier ministère”, nous ont confié ces membres. Visiblement déterminés à aller plus loin, ces derniers estiment que “cette organisation s’est, aujourd’hui, rétrécie comme une peau de chagrin. Quand nous l’avions créée en 2007, et vous pouvez vérifier les statuts, c’était dans l’esprit d’insuffler une dynamique dans ce secteur qui était livré à une totale anarchie. Nous avons seulement voulu l’organiser et le professionnaliser”. Pis encore, ces opérateurs n’excluent pas, non plus, la création d’une nouvelle association qui regrouperait tous les opérateurs sans exclusive pour faire valoir leurs droits et défendre tous les métiers de l’automobile. “L’AC2A n’a jamais été associée par le gouvernement, ni dans le cadre des consultations et encore moins dans la prise de décision. Aujourd’hui, l’AC2A continuera d’exister, mais elle devra compter sur un cercle restreint d’investisseurs. Ce n’est pas normal d’exclure d’un revers de la main ceux qui ont toujours milité pour la professionnalisation de cette filière. Maintenant que nous sommes devant le fait accompli, nous devons nous organiser pour le mieux et à notre manière pour constituer une nouvelle force de proposition”, ont encore affirmé nos interlocuteurs. Ces opérateurs justifient cette attitude par le fait que “des décisions soient prises sans que l’AC2A réagisse. Si certains de ses membres se sont servis au détriment des autres, qu’ils le disent et que les choses soient claires”. Pourtant, l’AC2A avait bel et bien réagi au lendemain de la publication du décret exécutif n°17-344 du 28 novembre 2017 fixant les conditions et les modalités d’exercice de l’activité de production et de montage de véhicules estimant que cette nouvelle loi constitue un grand pas dans le secteur de l’automobile. Aussi, au lendemain de son assemblée générale (du 14 décembre 2017), cette même organisation est revenue à la charge pour annoncer l’élargissement de son champ d’intervention “à d’autres secteurs d’activité rattachés indirectement par les nouvelles dispositions réglementaires, comme les remorques, les semi-remorques, les motocycles, les engins des travaux publics, la pièce de rechange et les accessoires d’origine”. Raison pour laquelle, ces membres s’interrogent “sur le silence intrigant de l’AC2A qui aura eu, au moins, le mérite d’exprimer sa position”.

FARID BELGACEM

 liberté 
Tags
Afficher plus

Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer