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Relance et développement du secteur industriel : Enfin, les cahiers des charges !

Après s’être fait désirer pendant quelques mois, les cahiers des charges consacrés à la relance et le développement du secteur de l’industrie seront présentés aujourd’hui à la réunion du Conseil des ministres qui, à l’instar des précédents, se tiendra par visioconférence, sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune.

Ce sont cinq nouveaux textes qui seront soumis à l’approbation de ce nouveau Conseil des ministres dans une période où le projet de relance socio-économique se fait de plus en plus pressant, notamment depuis que la pandémie de Covid-19 est venu rendre encore plus inconfortable la posture financière du pays, sous l’impact de la crise sanitaire doublée de l’effondrement des prix du pétrole.
Nous avons d’ailleurs vu le président de la République insister constamment sur la nécessité de libérer ces cahiers des charges, poussant le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, à avancer plusieurs échéances en ce sens, mais sans suite effective. Mais cette fois, la date annoncée dans le communiqué de la présidence de la République est la bonne, et les opérateurs économiques concernés devraient, dès aujourd’hui, et chacun dans sa branche être mis au courant des détails contenus dans les nouvelles clauses juridiques et auxquelles ils auront à se soumettre pour vaquer à leurs activités respectives.
Ces derniers ont, toutefois, déjà une idée des grandes lignes des cahiers, abordées régulièrement par M. Aït Ali, notamment concernant le secteur automobile qui a fait le plus parler de lui lors des sorties publiques du ministre, sur insistance des journalistes.
Il est connu, en effet, depuis l’annonce des projets des nouveaux textes, en début d’année, que tout nouveau projet de production automobile en Algérie se fera avec un minimum de 30% d’intégration locale dès l’entame. Un taux qui pourra compter sur la fabrication intra-muros de la carrosserie, avait expliqué le premier responsable du secteur, justifiant cette démarche par la volonté de mettre en place une industrie de sous-traitance en intégrant des composants fabriqués localement, et rompre réellement et définitivement avec les kits SKD-CKD importés ces dernières années au profit d’usines qui n’ont d’ailleurs pas tardé à révéler un process acquis à «l’importation déguisée ».
Et c’est dans le but d’instaurer une nouvelle politique qui réhabilite l’industrie automobile, en l’installant sur le socle de l’intégration locale, que le cahier des charges de la production de véhicules touristiques sera accompagné d’un autre texte du genre qui régit l’activité de la sous-traitance. Celui-ci exclut l’importation des kits SKD-CKD du régime préférentiel en le versant au compte des équipementiers qui viendront s’installer en Algérie où ils auront droit notamment à des avantages fiscaux et financiers. Dans cet objectif, ces derniers ne sont pas obligés de travailler avec des assembleurs puisqu’ils peuvent opérer sur le marché de la pièce de rechange.
De plus, le nouveau cahier des charges relatif à la production automobile a la particularité de différencier entre les investissements étrangers à 100% (puisque la règle 51/49% ne concerne plus cette filière), les investissements d’Algériens en partenariat avec des étrangers et les investissements algériens, avec un régime spécifique pour chacun. Il prévoit ainsi un traitement différent pour les Algériens qui veulent se lancer dans cette activité.
Dans le cas de l’importation de véhicules neufs par les concessionnaires, autorisée à nouveau par la loi de Finances complémentaire 2020, les modalités d’exercice des activités ont été, elles aussi, fixées par le cahier des charges. Ce nouveau texte exige la possession des capacités nécessaires pour exercer cette activité notamment en matière de showrooms, d’ateliers de services après-vente et de personnel qualifié.
Quant à la liste des concessionnaires agréés, elle ne sera connue qu’au cours du dernier trimestre 2020, avait fait savoir le même ministre, soulignant que les premiers véhicules neufs importés ne peuvent théoriquement être mis sur le marché que vers la fin de l’année.
Les mêmes mesures avantageuses seront introduites par le nouveau cahier des charges consacré à l’industrie électronique et électronique, notamment en matière d’exonérations fiscales et l’exemption des droits de douane, de sorte à encourager les opérateurs à atteindre un taux d’intégration nationale favorable à l’émergence d’industries réelles au lieu du montage actuel.
Concernant le cahier des charges dédié aux usines usagées, celui-ci intervient dans une conjoncture favorable à l’importation de chaînes de production dans un contexte international marqué par la pandémie de Covid-19 ayant imposé la fermeture de nombreuses unités de production dans le monde.

in : reporters.dz

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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