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Projets d’usines automobiles en attente chez le CNI : C’est le flou mécanique

Alors que des porteurs de projets d’assemblage automobile sont, depuis plusieurs mois, en attente de l’aval du Conseil national de l’investissement (CNI) pour entamer la réalisation de leurs investissements et mettre en place leurs usines, cette instance de régulation chargée de l’examen des dossiers d’investissements semble se plaire à prendre tout son temps et à faire patienter les concernés.

En effet, depuis le début de l’année en cours, des réunions du CNI sont annoncées régulièrement par la presse dans le cadre de l’examen des dossiers des projets automobiles. Sauf que ces réunions ne sont jamais confirmées par cette instance et l’état de traitement des dossiers déposés reste inconnu par tout le monde.

De son côté, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, s’est contenté d’indiquer, en octobre dernier, qu’une dizaine de nouvelles demandes d’implantation d’usines de montage de véhicules en Algérie a été enregistrée par son département, qui les étudiera d’une façon «approfondie», alors que c’est au Conseil national de l’investissement (CNI) de trancher, soit par la validation, soit par le refus des projets soumis.

Parmi les opérateurs qui attendent la réponse du CNI, certains ont même déjà entamé leur activité. Mais pour commercialiser leurs produits, ils doivent impérativement décrocher l’agrément définitif du CNI. Le plus en vue parmi ces derniers n’est autre que le groupe Tahkout et son usine Suzuki, dont deux modèles assemblés ont été déjà exposés au Salon de l’automobile de Tlemcen, en juin dernier, alors que moins d’un mois plus tard, la même usine recevait la visite du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, qui avait affiché sa satisfaction vis-à-vis du second projet automobile du groupe Tahkout, après celui de Hyundai, à Tiaret, opérationnel depuis 2016.
En plus de l’usine Suzuki, il faut compter celles de Ford (groupe AMC), Nissan (Groupe Hasnaoui) et Fuso (Falcon Motors).

Alors que la délivrance d’agrément à ces usines avait été annoncée pour le mois d’octobre dernier, rien d’officiel n’a été rendu public à ce jour. Il y a une dizaine de jours, la chaîne de télévision El Djazaïria One, dont le patron Ayoub Aissiou est copropriétaire d’AMC, a annoncé que le CNI avait validé officiellement le projet de l’usine Ford en Algérie et que l’usine située à Relizane sera opérationnelle en 2019. Une information qui n’a été ni confirmée ni infirmée par le CNI, laissant le flou persister sur la situation des dossiers introduits auprès de cette instance dans le cadre de l’activité d’assemblage automobile en Algérie. Laquelle instance a aussi fait parler d’elle, ces derniers jours à travers une circulaire venue préciser que le CNI «n’est plus habilité à octroyer des réductions ou des exonérations des droits, impôts et taxes» relevant «des avantages exceptionnels». Une disposition prévue par la loi de finances complémentaire 2018, mais qui n’a été officialisée que le 30 octobre dernier.

Cette décision, qui vient en référence à l’article 5 de la loi de finances complémentaire pour 2018, marque ainsi la fin des réductions ou des exonérations des droits, impôts et taxes, soit les avantages exceptionnels contenus dans l’article 18.2 de la loi relative à la promotion de l’investissement du 3 août 2016, abrogé par la LFC 2018. Cette circulaire est, étrangement, arrivée le jour même (30 octobre) où le CNI s’est réuni et avait accordé des «avantages exceptionnels» au groupe Sovac dans le cadre de ses activités d’assemblage automobile. Mourad Oulmi, le P-dg de Sovac Algérie, a réagi à cette information pour préciser que les avantages fiscaux dont a bénéficié son groupe auprès du CNI concernent les véhicules utilitaires, soutenant qu’il «n’a pas obtenu de nouveaux avantages». «Je tiens à rappeler qu’en décembre 2016, le CNI a accordé à Sovac Production le bénéfice des exonérations sur tous les véhicules produits en Algérie. Pour les véhicules utilitaires, il a été décidé de différer exceptionnellement son application à la demande du ministère de l’Industrie et des Mines pour protéger la production nationale. Les avantages qui ont été accordés à Sovac datent de décembre 2016, donc ils sont bien antérieurs à la loi de finances complémentaire 2018», a déclaré M. Oulmi au site électronique TSA, rejetant tout favoritisme. Par ailleurs, notons que Sovac a procédé, hier, au lancement d’un nouveau modèle sorti de l’usine Sovac Production Algérie, en l’occurrence le Seat Ateca.

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de Publication de autodjaz.net

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