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Mohamed Yaddadene : « L’importation des véhicules de moins de trois ans est une décision qui va à l’encontre d’une stratégie industrielle »

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Dans cet entretien, Mohamed Yaddadene,
Consultant et Ancien Manager du secteur automobile, réagit à la dernière décision du gouvernement celle de  relancer l’importation des véhicules de moins de trois années. Cela confirme, selon lui, qu’il n y a aucune stratégie de développement du secteur à travers les usines d’assemblage. Pour l’impact sur l’industrie de montage M Yaddadene parle d’abord de la remise en question des plans d’investissement affirmant que les prix ne baisseront pas à moins que les pouvoirs publics aillent vers une autre politique dite de prix administrés.

Le gouvernement relancera bientôt l’importation des véhicules de moins de trois ans qu’en pensez-vous?

: Cela confirme qu’il n ya aucune stratégie de développement du secteur à travers les usines d’assemblage, d’autant plus que le tissus de la sous-traitance est loin d’accompagner les projets installés.

C’est une décision réchauffée après une très mauvaise expérience durant les années antérieures. Je pense que c’est d’avantage une décision politique et qu’elle est destinée à  calmer la rue qui n’en a point demandé.

L’histoire retiendra que le parc national a été inondé par des produits dits ZH par le passé dont les épaves ont faits taches d’huile dans le paysage du pays. Ce n’est pas la meilleure solution pour le marché automobile algérien dont le parc s’est beaucoup rajeuni ces dernières années. Sur un plan cela va relancer le marché parallèle des devises vers une flambée.

Vous savez qu’en faisant des calculs simples avec des prix qui vont au delà de 8000 Euros (en moyenne les moins de trois ans sont bien coté en Europe) , on s’aperçoit que les véhicules de moins de trois ans dont les prix sont élevés en Europe reviendront aux prix de certains véhicules neufs assemblés en Algérie, dans ces cas autant rallonger au moins de cinq ans pour trouver des prix acceptables mais là d’autres éléments sont à prendre en considération avec la confirmation sur les documents exigés par les Douanes Nationales.

Face à cette décision, il faut penser à organiser, réglementer et à structurer le marché de l’occasion en Algérie par un cahier des charges adaptés afin de permettre aux réseaux de garagistes de s’installer légalement avec beaucoup d’emplois à créer dans cette activité.

Qu’est ce qui a poussé à votre avis le gouvernement à prendre cette décision?

D’abord c’est une décision politique pour calmer la rue, qui ne rentre dans aucune stratégie industrielle. Ceci va affaiblir d’avantage l’industrie automobile naissante, cette option ne va servir en rien en dehors des taxes destinées au Trésor face aux avantages dont bénéficient les concessionnaires assembleurs, même si c’est le marché parallèle de devises qui est ciblé, je pense qu’il ya d’autres mécanismes comme les bureaux de change à mettre en œuvre dans le cadre de la réglementation en vigueur…

Alors si cette décision se confirme, il faut aussi autoriser les exportations de ce type de véhicules vers des marchés demandeurs en Afrique par exemple pour encourager les exportations.

Selon le ministre du commerce, dans ce dossier il n’y pas que l’aspect économique, mais, il y a aussi l’aspect technique. Pouvez-vous expliquer?

Pour le volet technique, si cette décision se confirme, il faut baliser les textes d’application par des mesures techniques qui permettront de mieux contrôler ces véhicules aux frontières, entre autre le volet sécurité active et passive  le certificat d’origine, la confirmation de la première année de mise en circulation, le contrôle technique, la limitation du kilométrage parcouru (personnellement je proposerais moins de 75000 KM), exclure les véhicules de sociétés…le tout doit être conforme à un cahier des charges reprenant toutes les conditions et les spécifications techniques à diffuser. Le problème des normes euro 6 en vigueur en Europe face à nos conditions de roulage et à la qualité du carburant et là croyez moi les pannes seront plus fréquentes à moins de libérer aussi l’importation de la pièce d’occasion…Ce qui  va compléter un vrai bazar.

Je reviens sur l’organisation, la réglementation du marché de l’occasion et surtout la mise en œuvre d’un cahier des charges pour la création de réseaux de garagistes générateurs d’emplois pour compenser les emplois supprimés lors de la fermeture de certains concessionnaires lors de la redistribution des cartes du secteur automobile.

Quel impact sur l’industrie du montage automobile?

D’abord, le pays va encore connaitre un autre regard de la part des opérateurs ou investisseurs, le problème de confiance va encore se poser sérieusement et l’image du pays va en pâtir.

Pour l’impact sur l’industrie de montage d’abord, la remise en question des plans d’investissement mais sachez que les prix ne baisseront pas à moins que les pouvoirs publics aillent vers une autre politique dite de prix administrés…Cela confirmera que tous les choix effectués avec le chamboulement du marché automobile n’ont pas obéit à une stratégie mais d’avantage lié à une gestion hasardeuse de l’industrie de fabrication automobile et mécanique

Propos recueillis par Iméne A

in : Algérie -Eco

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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