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Mohamed YADDADENE  Consultant et Formateur " Il faut une stratégie et une volonté pour assainir la situation"

Dans cet entretien , Mohamed Yaddadéne , Consultant, Formateur et ancien cadre dans le secteur de l’automobile nous livre sa vision de la situation du secteur automobile en Algérie

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Autojazair.com : En votre qualité de consultant- formateur et d’ancien cadre de ce secteur, quelle analyse faites vous du marché de l’automobile aujourd’hui?

MY : Le secteur de l’automobile  subit les effets d’une situation complexe en l’absence de stratégie au moment de la suppression des importations. La transition n’a pas été assurée avec le système des quotas d’abord et avec les unités de montage dans des délais trop courts.

L ’implication des constructeurs dans les projets auraient pu contribuer à mobiliser les partenaires algériens dont la sélection au moment de la redistribution des cartes a été loin de choix professionnels. Il faut ajouter le manque d’opérateurs appelés à travailler dans le cadre de l’intégration locale afin d’arriver à respecter les délais impartis sur le taux d’intégration.

Depuis longtemps, le secteur va mal et il n’est pas prêt de se relever facilement. L’offre se rétrécit de plus en plus sur le marché.  Les solutions sont presque inexistantes à moins de puiser dans les reliquats de stocks de certaines unités . Le choix des segments de produits montés localement est discutable à plus d’un titre car cela ne correspond pas aux besoins du marché. Un marché déstructuré avec des prix élevés en dépit des avantages consentis aux projets de montage. Donc avec  les scandales et les quotas institués, même les projets de montage connaissent des moments difficiles en plus des difficultés actuelles. Le mal est profond. Donc la situation reste compliqué et les investisseurs ont besoin de voir la volonté de développer ce secteur en panne de stratégie.

Nous faisons aujourd’hui face à un blocage des importations des kits CKD et SKD pour le montage automobile. Pensez vous qu’il y aura de nouveaux acteurs dans cette catégorie en 2020?

A mon avis, il faudra d’abord assainir la situation avec les projets opérationnels , et revoir la stratégie de redéploiement des marques , avant d’élargir avec de nouveaux acteurs professionnels qui pourront contribuer au redressement de l’industrie mécanique.

Les décisions doivent arriver dans les délais pour que l’année 2020 puisse apporter les changements appropriés afin de rassurer les investisseurs potentiels.

Vous savez que les acteurs intéressés par le marché algérien  sont nombreux avec le potentiel existant. Il suffit d’améliorer le climat des affaires.

Selon vous , le gouvernement Tebboune va t il maintenir la politique de montage automobile ou, au contraire,  va opter pour une autre méthode celle de l’importation de véhicules avec des quotas?  

MY :  Toute les spéculations sont possibles, cependant  comme l’industrie automobile a été lancée , il faut capitaliser sur cette expérience , en tirer les leçons et revoir la stratégie de développement  et d’implantation de projets industriels de fabrication dans les délais respectables selon un cadre réglementaire bien ciblé et adapté.. Une chose est certaine , il ne faut pas considérer que le recours aux importations de Véhicules d’Occasion est une solution car , elle n’arrange pas du tout les clients algériens au risque de les payer plus chers que le Véhicules Neufs dont les prix vont continuer à augmenter. Il faut une volonté solide avec un nouveau cadre réglementaire et une stratégie industrielle qui à moyen et long terme.

« L’Importations de Véhicules d’Occasion n’arrange pas du tout les clients algériens »

Il faut aller de l’avant, l’Algérie possède un grand potentiel marché et aussi industriel et surtout savoir tirer les conclusions des erreurs commises afin de redécoller rapidement.

Cependant , c’est assez compliqué dans la mesure où les solutions tardent à venir dans tous les cas. Mais il ya toujours des défis à relever dés que le coté juridique aura été tranché dans les différents dossiers en cours.

 Selon votre expérience, pouvons nous compter sur les constructeurs automobile pour avoir de véritables  usines de fabrication automobiles? 

 Les constructeurs ont toujours marqué leur intérêt pour le marché algérien mais comme je l’ai dis, il faut une stratégie , une volonté , un assainissement de la situation des projets de montage lancés à ce jour et une actualisation du cadre réglementaire devant régir les projets automobiles. La mise en place d’un tissu industriel avec l’implication des PMI et PME qui pourront contribuer à élever le taux d’intégration local en adéquation avec les besoins des projets des constructeurs. Ces derniers réalisent parfaitement des projets similaires chez nos voisins du Maghreb, alors pourquoi pas chez nous ? Surtout si toutes les conditions seront réunies.

Entretien réalisé par :

NADIR KERRI

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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