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Industrie automobile: Où en est-on?

«Au niveau du marché automobile national, les prix des voitures d’occasion notent une flambée record, après avoir enregistré une importante pénurie d’offre et une forte demande.»

Coincée entre la lourde responsabilité des séquelles d’une gestion bancale qui a occasionné des pertes énormes en matière d’emploi et un préjudice financier à coups de milliards de dinars, et les difficultés insurmontables pour mettre en place les jalons d’une nouvelle stratégie, les contours d’une nouvelle vision pour l’industrie automobile demeurent du domaine de la théorie. Il faut dire que si l’arrêt des unités de montage et d’assemblage de véhicules, a sonné la fin d’une grande escroquerie, ou l’importation déguisée faisait de l’ombre aux taux d’intégration, il n’en demeure pas moins que les conséquences sur le marché de l’auto, ont été immédiates, et particulièrement néfastes en matière d’approvisionnement. Au point où le consommateur ne sait plus à quel saint se vouer. Doit-il attendre la relance de cette activité pour acquérir un nouveau véhicule? Ou doit-il passer par le réseau d’importation de l’étranger? Dans les deux cas le prix du véhicule restera inabordable, du fait que l’importation de véhicules de moins de 3 ans a été gelée.
Les séquelles d’un mauvais départ
C’est donc dans l’espoir de voir émerger des constructeurs susceptibles de respecter les nouvelles règles et les taux d’intégration, que repose tout l’avenir de cette activité, pour laquelle le ministre de l’Industrie a tenu à expliquer qu’«il s’agit de mettre en place un véritable projet d’investissement conformément au nouveau cahier des charges, et avec un taux d’intégration de 30%. La manière dont l’Algérie avait entamé l’industrie automobile n’était pas la bonne manière, c’est pourquoi nous avons posé aujourd’hui les véritables assises de l’industrie automobile». Déterminé à rompre définitivement avec les anciennes pratiques, le ministre de l’Industrie a insisté sur l’importance de servir les intérêts de l’économie nationale, en priorité, précisant que «les nouveaux textes réglementaires et législatifs ne seront pas sujets à changement. Ce postulat est pris en considération, car ces textes ne servent pas les intérêts de certaines parties. Mais ils servent plutôt l’économie nationale de manière transparente et claire. Par ailleurs, sur le plan de l’exportation et des conditions drastiques qui ont été mises en place pour acquérir un véhicule, cela ne représente réellement pas une solution pour éradiquer le déséquilibre qui est à l’origine des perturbations du marché, du fait que les prix de revient des vehicules restent exorbitants. À ce sujet, Ferhat Aït Ali avait clairement expliqué que « la raison du retour à l’importation de voitures est le besoin d’approvisionner le marché. Cette solution n’est que temporaire puisqu’elle survient juste en attendant la mise en place d’une véritable industrie automobile dans notre pays».
En attendant de voir les fruits d’une relance efficiente de l’industrie automobile, la situation au niveau des marchés de voitures est insoutenable et ne permet pas aux particuliers de prétendre à l’achat d’un véhicule. Les prix explosent sous le poids d’une demande pressante qui ne trouve pas une contrebalance en matière d’offres. Une situation inextricable relevée par un bon nombre de médias et d’experts.
Les prix des voitures d’occasion explosent
«Au niveau du marché automobile national, les prix des voitures d’occasion notent une flambée record, après avoir enregistré une importante pénurie d’offre et une forte demande en Algérie et les prix des voitures neuves sont également onéreux», a souligné récemment le quotidien Ennahar. Qualifiant cette flambée de «folle», le journal explique que «cette augmentation coïncide avec la suspension de la chaîne locale de production et montage automobile. Le retard dans l’entrée en vigueur de la décision d’importer des véhicules de moins de 3 ans contribue également à la tendance haussière». Pour avoir un aperçu de cette flambée, les sites électroniques spécialisés et les prix pratiqués sur les marchés, renseignent qu’une Peugeot immatriculée 2012 atteint 140 millions de centimes. alors qu’elle était à 118 millions auparavant. Une Renault «Symbol», sortie d’usine en 2017, est à 160 millions contre 113 millions récemment. Une Hyundai Accent 2011, arrive jusqu’à 130 millions. L’Ibiza 2014 est au prix de 175 millions. Son ancien prix n’allait pas au-delà des 135 millions. Le même sort est à constater pour les voitures neuves.

Ali Amzal
in : lexpression

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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