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Distribution et fabrication de véhicules : Un marché en quête de stabilité

L’entrée en application des nouveaux cahiers des charges liés aussi bien à l’activité de fabrication qu’à la commercialisation des véhicules, suscite, comme attendu, une effervescence parmi les opérateurs nationaux et étrangers intéressés par le marché automobile algérien.

Des tractations et des prospections sont menées tambour battant pour le choix des partenaires et la finalisation des procédures de candidature. 
Une activité intense en coulisses est signalée chez les principaux acteurs du secteur. Les deux décrets sont soumis à une lecture approfondie et les exigences qui y sont contenues étudiées sous toutes les coutures. 
Les consultations  avec les firmes internationales, entreprises depuis plusieurs semaines déjà, arrivent, pour certaines, à une phase d’affinement et de finalisation. Pour l’heure, le secret reste de rigueur sur le déroulement de cette phase qui se poursuit toujours. Peu d’informations ont fuité sur la nature des projets et l’identité des postulants.
Dans son édition du 6 septembre courant, Le Soir d’Algérie rapportait, toutefois, l’information du dépôt de la première candidature, en l’occurrence celle du géant chinois JAC et son partenaire algérien Emin Auto. 
Un projet intégré pour la fabrication de camions et d’utilitaires légers, ainsi que l’importation et la distribution.
      
Une refondation et des attentes
Cette refondation en perspective du secteur de l’automobile dans son ensemble, après les graves dérives des années précédentes, laisse espérer une évolution vers une approche plus sereine, au plus grand bénéfice du client. Ce dernier a été, faut-il le souligner encore, la seule victime d’une démarche pseudo-industrielle biaisée dès son lancement.
L’Algérie a, non seulement perdu tous les fondements et repères de l’activité de concessionnaire, comme une professionnalisation acquise au fil de deux décennies d’exercice, une qualité en nette évolution des prestations proposées aux clients, une disponibilité régulière de la pièce de rechange d’origine et un niveau supérieur de qualification des personnels techniques, notamment ; mais elle a vu, en plus, s’éloigner définitivement tous les espoirs de développement d’une véritable industrie automobile nationale.
Aussi, le choix par les constructeurs mondiaux de leurs nouveaux partenaires algériens est on ne peut plus déterminant. Le retour à la parodie industrielle et commerciale précédente n’est plus permis. 
Le Trésor public y a déjà subi d’énormes préjudices et le client a dû payer le véhicule au double de son prix coûtant, sans pour autant bénéficier d’un service après-vente (SAV) efficace et d’une garantie contractuelle effective.
       
Le SAV, le parent pauvre
Il est aujourd’hui établi que les constructeurs qui s’étaient impliqués dans ce processus, tant décrié, ont vu leur image de marque s’écorner un tant soit peu par ces pratiques, aux antipodes des normes et des standards internationaux. Des milliers de véhicules assemblés localement ont été vendus sans un réel SAV. Les clients sont contraints et même orientés par les agents de ces structures à ramener des pièces comme les filtres à huile et à air, indispensables pour les opérations de révision et d’entretien, auprès de revendeurs particuliers. Et dans les cas d’immobilisation pour cause d’accident ou d’incidents couverts par la garantie, la situation peut virer, tout simplement, au tragi-comique. 
Le client est alors ballotté entre les différents services, avant d’être, souvent, contraint d’accepter le fait accompli avec des délais d’attente qui dépassent l’entendement. 
On a même signalé l’outrecuidance d’un de ces assembleurs, invitant ses clients à effectuer leurs révisions réglementaires auprès de l’ancien représentant de la marque en Algérie.

De nouveaux opérateurs fortunés attendus
Autant dire que les opérateurs semblaient être occupés par les importations «déguisées» en négligeant un volet tout aussi déterminant pour un label de renommée mondiale.
Avec les nouvelles dispositions du cahier des charges relatif aux concessionnaires, l’accès à ce métier est devenu plus complexe. Les critères établis par ce document et par leur niveau d’exigence constituent, d’ores et déjà, un sérieux obstacle pour certains parmi les prétendants.
 Il est même attendu que de nouveaux acteurs fortunés viennent s’essayer à l’expérience automobile en faisant subir au client les affres de nouvelles mésaventures. 
D’autant que le constructeur étranger n’est impliqué que par le contrat de concession qui le lie pendant au moins 5 ans à un partenaire local à l’expérience dans l’automobile anecdotique.
En attendant, le client algérien continue d’espérer que cette nouvelle tentative de réorganisation du secteur pourra être la bonne pour le rétablir dans ses droits et redonner au marché ses repères d’antan.

Plateforme numérique et légalité
La question du dépôt des dossiers de demande d’agrément fait l’objet de plusieurs critiques de la part des intervenants dans le secteur. Il est ainsi relevé le caractère «illégal» de la décision du ministre de l’Industrie d’obliger les postulants à passer par une plateforme numérique qui n’est pas encore créée pour toute opération de dépôt. Au moment où l’article 5 du cahier des charges réglementant l’activité de construction de véhicules prévoit clairement que «le dossier est déposé auprès du secrétariat technique du comité prévu à l’article 18, contre délivrance d’un récépissé de dépôt».
B. Bellil

Le soir d’Algérie

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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