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Distribution automobile : Grandes questions sur les grandes marques

Au regard de l’impossibilité pour les concessionnaires étrangers d’importer et de commercialiser les nombreuses marques de véhicules particuliers qu’ils détenaient sur le marché algérien, de nombreuses questions se posent quant au devenir de ces labels.

En effet, le cahier des charges dédié à l’activité des importations et de la distribution automobile en vigueur depuis quelques semaines, stipule clairement que le métier de concessionnaire automobile est strictement réservé aux entreprises nationales privées. En conséquence, de nombreuses marques très prisées par les automobilistes algériens voient leur représentation hypothéquée ou du moins seront absentes du marché pendant une certaine période, en attendant peut-être, leurs reprises par de nouveaux importateurs.

Cette nouvelle situation induite par le cahier des charges pose de nombreuses questions. L’une des plus importante est relative aux marques représentées en Algérie par les filiales des maisons mères. Il s’agit principalement des marques détenues par les groupes Renault et PSA. Sur notre marché, ces deux groupes détenaient trois marques à volume : Renault, Dacia, Peugeot. Citroën et DS étaient représentées par la filiale du groupe GBH, Saida qui ne pourra plus les importées.

Renault Algérie et Peugeot Algérie, sont actuellement dans une situation très inconfortable, c’est le moins que l’on puisse dire. Ces deux filiales détenaient des parts de marchés prépondérantes et leur avenir est aujourd’hui incertain. Les dernières informations qui circulent laissent entendre que Renault se prépare à un retrait définitif du marché algérien. Si cela se confirme, cela voudrait-il dire que les marques de ce groupe français seront confiées à un importateur ? N’anticipons sur rien et attendons de voir.

Pour le groupe PSA, la situation reste également dominée par l’incertitude. Mais selon les dernières nouvelles, Peugeot est peut être disposé à confier la représentation de ses marques à un importateur présentant de fortes garanties quant à son niveau de professionnalisme et de ses capacités financières.

Pour ne pas s’arrêter aux marques des groupes français, nous citerons également la situation dans laquelle se trouve Toyota, Daihatsu et Subaru, détenues par le groupe Séoudien Abdellatif El Djamil. Ce dernier ne sait plus où donner de la tête au regard des lourds investissements consentis en Algérie. Le groupe séoudien est en effet un des rares à avoir acquis des terrains pour ériger des infrastructures dignes de ce qui se fait de mieux dans la distribution automobile. Aujourd’hui, face à l’absence de perspectives, la question se pose sérieusement quant à la poursuite de son activité dans notre pays. Idem pour Mitsubishi, représentée par Falcon Motors. Même si sa part de marché reste modeste par rapport à celle de son concurrent Toyota, il n’en demeure pas moins que Falcon Motors a également réalisé des investissements importants dans la perspective de relancer son activité. De son côté, Diamal, filiale du groupe CFAO, détenteur de la marque Chevrolet, n’a semble-t-il, plus aucun espoir de retrouver son activité sur le marché. A ces marques, nous pouvons ajouter la japonaise Honda absente depuis plusieurs années du marché algérien.

Pour les marques détenues par des entreprises de distributions étrangères, la question de leur présence sur le marché algérien se pose de manière différente. La qualité de leur représentant historique est certainement d’un poids important, comme c’est le cas du constructeur Toyota qui ne va probablement pas se passer du groupe Séoudien. Pour d’autres, le changement de partenaire se fera sans état d’âme, car il y va de leurs intérêts.

Mourad Sadi

in : Le mensuel automobile

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé dans l'automobile et Directeur de la Rédaction de autojazair.com

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